Truculentia : un thriller psychologique pas si burlesque

Agora3

Ce premier roman de Virginie POUJOL est habité par un personnage haut en couleur, aussi attachant que complexe et qui officie en tant que costumier. Aux premiers abords, l’ouvrage paraît joyeux, presque ordinaire, badinant avec des petites choses de la vie. Il ne faut pas se fier à ce démarrage… Car vous serez de page en page enserré dans une intrigue qui prendra toute sa profondeur. Car à bien y regarder de près, Truculentia traite de la question du viol de l’identité sociale.

Le vêtement, en tant que seconde peau, protège l’individu, autant qu’il l’étiquette.

Le récit décrit des faits divers qui terrifient le Tout-Paris : des vêtements de qualité sont lacérés. « Mités », stipule-t-on par référence aux insectes qui grignotent les tissus à l’insu du porteur, jusqu’à ce que le vêtement tombe en lambeaux.

Saboter des habits revient à humilier ceux qui les arborent, autant qu’à détruire le travail du costumier qui les a conçus. C’est l’exacte métaphore de la machination de l’antagoniste envers le héros (anti-héros devrait-on dire !), névrosé, dont l’esprit est rongé par le doute et emporté par des pulsions incomprises.

Les ciseaux ne font que mimer la situation : le personnage principal, qui se fait tailler en pièces par son rival, reprend à son compte la noirceur qu’on lui injecte. L’outil qui sert habituellement à sublimer est alors détourné pour anéantir.

Les ciseaux ne sont pas sans rappeler les Moires de la mythologie grecque. Alors que Clotho a tissé le fil de la vie au moment de la naissance, que Lachésis déroule le fil de l’existence en déterminant une destinée, Atropos, elle, tranche pour annoncer la fin inévitable d’une incarnation.

Sont-ils sacrificiels ? Quelle est cette incarnation détruite ?

Vous le saurez en lisant Truculentia ! Accrochez-vous, il s’agit d’un page-turner où l’on rit comme l’on pleure, paraît-il quasiment à l’intérieur d’une même phrase…

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