Trop c’est trop ! est un conte écologique, drôle et volontairement provocateur, dans lequel la Terre, épuisée par des siècles de pollution et de gaspillage, finit par se rebeller.
L’Air, l’Eau et les animaux décident alors de rendre aux hommes tout ce qu’ils leur ont fait subir : déchets, fumées, épaves et détritus reviennent littéralement à leurs expéditeurs.
Contraints de changer leurs habitudes, les humains redécouvrent le recyclage, les énergies propres et une exploitation plus intelligente des ressources.
Peu à peu, l’eau redevient claire, la nature reprend ses droits et les hommes comprennent qu’ils ont failli détruire en quelques années ce que la Terre avait mis des milliards d’années à construire.
Une fable malicieuse sur notre société de consommation et une façon, par l’humour, de rappeler une évidence :
on ne peut pas indéfiniment tout demander à la planète sans qu’un jour elle nous présente l’addition
Un jour, la planète en eut assez de se faire détruire par les hommes sans rien dire.
Cela durait depuis des milliers d’années, mais là, c’était maintenant trop.
Les deux éléments rois, l’Air et l’Eau, décidèrent alors de se rebeller et convoquèrent les représentants de toutes les espèces animales de la Terre, tout au moins les espèces survivantes.
Des êtres les plus microscopiques aux plus gigantesques, ceux des villes et des jungles, ceux qui vivaient en surface et ceux des profondeurs extrêmes, ceux qui nageaient et ceux qui volaient, les inoffensifs et les dangereux, tout le monde avait répondu présent.
L’Eau bouillonnait de colère ! L’Air soufflait de rage !
« Je suis de plus en plus trouble, disait l’Eau, mon peuple et moi suffoquons par manque d’oxygène. Tout ce pétrole nous donne la nausée.
— Je sens de plus en plus mauvais, disait l’Air, et pourtant je fais tout ce que je peux pour éparpiller les fumées.
Qu’il est loin le bon temps où les seules odeurs étaient celles des fleurs et des fruits !
Je n’en peux plus, entre les fumées des usines, les pots d’échappement, les pneus brûlés dans les manifestations et les décharges fumantes.
Trop c’est trop !
Nous sommes tous en voie de disparition.
Il faut réagir ! »
Au début, la famille Salitout, qui avait pris possession de la Terre, se contentait de jeter quelques saletés par-ci par-là, rien de bien méchant.
Tout ce qui était jeté était biodégradable.
Les déchets enrichissaient les sols, qui devenaient plus fertiles, et fournissaient alors plus de nourriture pour les humains.
Ce qui était jeté à la mer faisait même le bonheur de quelques poissons et crustacés pas trop regardants sur la qualité et la fraîcheur. Cela dura quelques siècles, jusqu’à ce qu’on découvre ou invente le plastique, les détergents, le pétrole et qu’on jette allègrement tout à la mer, notre garde-manger !








