SORTIE LE 20 SEPTEMBRE : LOUISON, OUVRIERE DU REICH

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J’ai le plaisir de vous présenter Louison, l’ouvrière du Reich, roman historique qui sort le 20 septembre.
La jeune Louison m’accompagnera au Salon du livre du Bois du Cazier et ensuite au Salon du Livre de Wallonie avant de prendre le train pour le IIIème Reich.
4eme de couverture
Les coups de ciseaux pleuvaient. Les insultes aussi.
Pour toutes, elle était coupable…
En 1939, lorsque son mari est envoyé au front puis fait prisonnier, Louison Morel reste seule avec son enfant et sa belle-mère.
Pour maintenir les siens en vie et se rapprocher de son Emile, Louison se résigne à partir comme travailleuse volontaire dans une usine d’armement en Allemagne. Elle y affronte privations, violences et dilemmes moraux.
Dans une époque où les frontières entre devoir, contrainte et survie deviennent floues, chaque décision peut être interprétée comme une trahison.
Mais que sait-on vraiment de ces femmes qui, durant la Seconde Guerre mondiale, se retrouvèrent seules, sans ressources, face à des décisions que nul être humain ne devrait avoir à prendre ?
Extrait de la préface écrite par Jean-Michel Vanderbeken, Historien polémologue.
« Épouses ou compagnes, qui désirez rejoindre en Allemagne votre prisonnier, vous êtes autorisées à souscrire dans n’importe quel bureau de placement allemand un contrat spécial de travail dit “Contrat d’Épouse”. » C’est par cette phrase que commence une affiche placardée dans toute la France en avril 1943, mais qui s’en souvient aujourd’hui ? Cette affiche faisait partie d’une vaste campagne pour recruter de la main-d’œuvre dans les pays occupés conjointement avec le S.T.0. créé en février de la même année, à la suite de l’échec de la « Relève » lancée l’année précédente.
L’Allemagne avait, en effet, grand besoin de travailleurs, à la fois pour remplacer les ouvriers spécialisés allemands envoyés au front et pour passer à l’économie de guerre au lendemain du désastre de Stalingrad.
C’est dans ce contexte, que des dizaines de milliers de femmes françaises, mais aussi belges ou néerlandaises, vont se retrouver en Allemagne. Les unes pour retrouver un compagnon, les autres pour fuir un partenaire violent, les unes pour survivre, les autres, une infime minorité, par idéal pour cette » nouvelle Europe » promise par la propagande.
Ces femmes, toutes différentes dans leurs motivations et leurs destinées, diverses dans leur caractère et leurs espérances, auront pourtant en commun d’être aussi des victimes, et ce, par trois fois.    Ce fut d’abord une amère désillusion lorsqu’il s’avéra qu’en fait de « terre promise », c’était le miroir aux alouettes. Combien même leur sort était plus enviable que celui des malheureuses Slaves ravalées au rang d’esclave. Les salaires étaient la moitié seulement de celui des hommes, en guise de château ou de fermes à la campagne des baraquements à peine plus confortables que des stalags, sans compter les bombardements américains le jour et britanniques la nuit. Ce fut ensuite un amalgame avec les collaboratrices de tous poils. Des résistants de la dernière heure géraient leurs frustrations d’avoir longtemps été lâches, en tondant des malheureuses, sans discernement entre celles qui avaient vraiment trahi et celles qui n’avaient fait que ce qui était indispensable pour assurer leur survie ou celle de leurs enfants. Des hommes aveuglés mirent sur le même pied celle qui était tombée amoureuse d’un homme portant le mauvais uniforme avec celle qui avait dénoncé son voisin qui cachait des proscrits. Ce fut enfin le grand silence, l’oubli des mémoires collectives lors des commémorations.

C’est cette dernière injustice que la plume talentueuse de Febronie Tsassis entend réparer mieux que ne le ferait n’importe quelle monographie d’historien. Car loin de se contenter de mornes statistiques, de faits anonymes ou d’une litanie de noms énumérés en chapelet, c’est par l’incarnation d’êtres humains, dans toute leur complexité et leur richesse, que l’autrice sort des ténèbres ces destinées englouties dans l’oubli. C’est là toute la puissance du roman historique, immerger les lectrices et lecteurs en plein cœur d’une époque ; leur permettre de ressentir tout l’arc-en-ciel des émotions, tout en ayant l’impression exaltante de plonger au cœur de l’action. Ce récit nous lèguera ce don précieux : ressentir de l’empathie envers nos semblables par-delà les frontières intangibles du temps.

Voilà, il ne vous reste plus qu’à tourner cette page pour vous immerger, sans autres risques que de verser quelques larmes, au plus profond des heures les plus sombres du vingtième siècle.

 

EXTRAIT

Le groupe s’engagea sur un sentier rocailleux qui serpentait à travers une forêt dense et profonde.
Après un temps qui leur sembla une éternité, elles arrivèrent, épuisées, les pieds meurtris, devant une grille imposante et des fils de fer barbelés.
Des baraquements se découpaient dans la pénombre. Un mât surmonté d’un drapeau à croix gammée se dressait au centre du campement. Un faisceau intermittent, projeté depuis le mirador, balayait les lieux.
Personne n’osait parler. Les jeunes femmes, tétanisées, ne savaient plus ce qu’elles fichaient là. À contrecœur, elles pénétrèrent dans ce coin perdu et inhospitalier. Le long des baraques coulait un ruisseau dont émanait une odeur saumâtre qui saisit Louison à la gorge quand elle s’en approcha. Dans la pénombre, elle distingua des filets troubles et nauséabonds qui ressemblaient à s’y méprendre à des eaux usées. Une espèce de butte gardée par une lourde porte métallique attira son regard. Au fond du terrain, une longue cabane avec un écriteau Latrinen faisait face à une rangée de barbelés, derrière lesquels s’étendaient un vaste espace vide et quelques hangars plus petits et clairsemés.
On appela chacune par son nom et, après vérification desidentités, elles se retrouvèrent dans différentes files.
— Louison Morel, épouse Colinet ? Ici, à droite !
L’une des cheffes du camp, Frau Müller, sanglée dans uneveste de gros drap, prit la tête du groupe de Louison pour le
mener aux différentes chambrées. En chemin, les jeunes femmes longèrent une double rangée de constructions en bois, dont certaines portaient pompeusement la pancarte Küchen, Waschküche et enfin Sanitätsraum,
promesse d’une guérison expéditive.
L’envie folle de manger une croûte de pain qu’elle aurait trempée dans une soupe bien chaude tenailla soudain Louison.
C’était peine perdue : à son grand désarroi, à cette heure-ci, tout était clos. Il ne lui restait plus qu’à découvrir le logement qu’elle occuperait pendant la durée de son contrat.
Le groupe s’arrêta devant une baraque pareille aux autres. Frau Müller ouvrit la porte, demanda aux femmes d’attendre
dehors, puis fit entrer Louison dans une chambrée modeste qui ressemblait plus à une prison qu’à un hôtel.
C’était une construction en bois brut percée de deux malheureuses fenêtres. Une ampoule qui dispensait une lumière chiche pendait au plafond par un fil torsadé. Quatre alcôves, séparées par des armoires métalliques étroites et profondes, abritaient deux couchettes superposées chacune, garnies de paillasses puantes. Des couvertures rugueuses et des vêtements épars, des vases de nuit douteux ici et là.
Dans l’ombre, deux femmes allongées somnolaient. Une troisième, assise au bord de son lit, parcourait distraitement un
livre aux pages fatiguées. Un espace rudimentaire faisait office de « salon » avec quelques sièges, une table jonchée de feuillets éparpillés, des verres à moitié pleins, des miettes oubliées.
Deux joueuses de cartes étaient affalées sur leur chaise, le regard dans le vague. En face d’elles, un imposant portemanteau
débordait de frusques disparates.
— Une nouvelle camarade, Louison Colinet ! beugla la cheffe dans un français impeccable. Et mettez de l’ordre dans ce
foutoir si vous ne voulez pas écoper d’une amende !
Dans la lumière blafarde, Louison vit briller quelques paires d’yeux qui l’observaient.
— Encore une nouvelle, Frau Müller ? grogna l’une des joueuses de cartes, une belle brune à l’accent du Nord. Va falloir s’serrer, hein ! Pis j’espère qu’elle est propre, celle-là !
— Bien dit, Suzanne ! lança une blonde platine en sortant la tête d’une armoire. Le Reich veut remplacer les gugusses qu’il
a envoyés au casse-pipe ! La piaule n’est déjà pas immense, si en plus on écope d’une puante… !
— La ferme ! Où est Adèle ? répliqua sèchement la cheffe, qui balayait la pièce du regard.
Louison leur adressa un sourire timide tandis qu’une grande bringue s’avançait.
— Ah, te voilà, Adèle ! C’est une porcherie, ici. Tu es responsable de cette chambrée ! Fais ton boulot et assure-toi que tout
soit en ordre ! Sinon…
— Frau Müller, je suis désolée. Ça n’arrivera plus.
La cheffe sortit, dédaigneuse, et rejoignit le reste du groupe, qui patientait devant la porte. La grande bringue se planta alors face à Louison, mains sur les hanches, la dévisagea de haut en bas. Satisfaite du résultat, elle lui tendit la main.
— Adèle, Normande… enfin, de Rouen. Il n’y a que des Françaises, ici, pas question de faire des mélanges, pour les boches. Toi, tu viens d’où ?
— Joinville, murmura la jeune femme. Je suis là uniquement pour retrouver mon époux, il est prisonnier…
— Ah, son mari ! gémit Suzanne depuis son coin. Si c’est pas malheureux, ça !
— Tu parles, elles nous sortent toutes la même rengaine, ricana Odette. Retrouver son mec, quelle rigolade ! Franchement, laissez moi me gondoler ! En tout cas, on n’a pas affaire à n’importe qui, là, hein… v’là du beau monde ! T’es gratin, dis donc, toi ! Ta pelure… si c’est pas de la laine peignée, j’suis plus Odette !
D’un geste expert, elle effleura le col de la veste de Louison du bout des doigts, claqua la langue en connaisseuse. Le tailleur que Madeleine avait confectionné à partir d’un manteau beau coup trop large et trop long lui faisait visiblement de l’effet.
— Tais-toi donc ! ordonna Adèle, qui semblait jouir d’une certaine autorité. Tu nous fatigues avec ton argot ! Et laisse cette
fille tranquille, elle vient d’arriver…
— Oh là là, la belle affaire ! lança Odette, vexée.
— Louison, ne fais pas attention à elle, reprit Adèle. Odette était vendeuse dans une boutique « de luxe » à Paris. Du coup,
les tissus, faut toujours qu’elle les tripote…
— J’peux tripoter aut’ chose aussi, glissa Odette d’un air coquin.
— N’en rajoute pas, la Parigote ! Débarrasse plutôt tes frusques du lit, ç’ui-là dans l’fond, pour que Louison puisse s’installer au dessus de Léontine.
— Léontine ? demanda Louison. Où est-elle et combien sommes-nous, finalement ?
— Elle est en permission. Alors, on compte Suzanne, Léontine, Odette, puis Jeanne et Simone qui font mine de dormir là-bas. Ensuite, il y a Marie-Louise qui lit, plus toi et moi. Ça fait huit.
— Pour si peu d’espace… ?
— Oh, tu vas pas nous la jouer façon grande bourgeoise, toi, hein ? ironisa la Normande. Allez, tout le monde se dépêche !
On a encore un quart d’heure avant que Frau Vogel débarque. Vous connaissez le tarif si on n’est pas toutes au pieu !
La femme assise sur son lit, occupée à feuilleter un livre, leva enfin les yeux vers la nouvelle venue. Sans un mot, elle referma son ouvrage, haussa les épaules, puis se fourra tout habillée, dans sa paillasse.
— Eh bien, Marie-Louise, tu vas te coucher sans même te changer ? lança Adèle en aidant Louison à s’installer. Tu vas encore flairer bon, demain ! Déjà que ton fourbi empeste et que j’y ai vu courir une bestiole. Faudra que tu te décides à faire un nettoyage, sinon on s’occupera de ta piaule ! Tu ne dis rien, hein ?
Adèle se pencha alors vers Louison et prit le ton de la confidence :
— Elle ne se déshabille jamais devant les nouvelles. Elle a des marques… des traces laissées par son mari. Un vrai sauvage, celui-là. Elle s’est carrément enfuie de chez elle… tu vois ? En plus, elle ne prête aucune attention à la vermine et aux poux
qui courent dans ce camp comme des lapins !
Odette, pourvue d’une ouïe affûtée, capta la remarque d’Adèle. Tout en enlevant la dernière chemise qui encombrait le lit,
elle ne résista pas à l’envie de réagir.
— Quand elle a débarqué, elle chignait sans arrêt, le pif dans son tire-jus, elle blairait comme un putois. Son mec lui
boulottait son blé, la prenait pour un punching-ball. Fallait voir ses pains. Un salaud de première ! Elle a le dos dessiné comme la carte de France à cause de ce sagouin. Elle a morflé, la frangine ! Je l’ai vue une fois, elle planquait ses bleus, ses cicatrices et ses morpions. Mais moi, on ne me la fait pas, j’ai l’œil !
Elle traça une spirale dans l’espace comme pour dire qu’elle connaissait les rouages conjugaux mieux que personne, puis
fixa Louison d’un air narquois.
— Et toi, ma belle, tu veux nous faire gober que t’as ramené tes miches chez les fridolins rien que pour les beaux yeux de ton mec ?
— Tu vas lui ficher la paix, la michetonneuse ? coupa sèchement Adèle.
— Je t’interdis de… persifla Odette.
— Tu m’interdis que dalle. Et parle français pour qu’on te comprenne. Va dormir, demain matin, tu vas encore lambiner,
Frau Vogel va gueuler et c’est nous qui allons trinquer.
— Ah ouais, répondit Odette, vexée. C’est toujours sur mon dos… Salut, la cheftaine, j’m’en vais pioncer. Ça m’évitera de
mater ta tronche de lèche-bottes.
Elle se détourna et traîna les savates jusqu’à sa paillasse. Marie-Louise, le regard indifférent, s’enfonça plus profondément dans son lit, se gratta l’épaule, ferma les paupières. Elle clôturait ainsi toute discussion à son sujet.
— Prête pas attention à elles, Louison, murmura Adèle, ce sont quand même de braves filles. Nous sommes toutes ici pour
bosser pour les Allemands. Peu importe la raison, le pourquoi et le comment… chacune avec son histoire. Tu verras bien…
Elle marqua une pause, fit le tour du baraquement des yeux.
— Les deux qui dorment, reprit-elle à voix basse, enfin, qui font semblant, c’est Jeanne, une petite timide, et Simone, qui
s’en fout de tout. T’auras pas de problème avec elle, sauf celui de la crasse qu’elle garde sur elle comme une armure. C’est parfois infect. Et Léontine, celle en permission, c’est une joviale, toujours le mot pour rire, même si elle a de ces drôles d’idées et qu’on n’est pas souvent d’accord. Toi, Louison, t’es pas très causante, hein ? Allez, va, installe-toi, ici, tu seras tranquille. T’as ton armoire pour tes affaires, prends-en soin si tu n’veux pas attraper la gale. C’est grave, contagieux et ça donne des démangeaisons horribles. Je t’apporterai du Mitigal si jamais, c’est un gel radical. Fais gaffe aussi, les trucs disparaissent plus vite qu’à leur tour. Tiens, v’là un cadenas, ferme-le bien !
La jeune fille qu’Adèle avait nommée Jeanne glissa prudemment hors de sa paillasse pour aller chercher un mouchoir dans
la poche d’une veste accrochée au portemanteau. Ensuite, sans dire un mot, les yeux baissés plus bas que le sol, elle retourna dans son lit, le visage dissimulé derrière son bras replié.
— Pauvre gosse… souffla Adèle d’une voix attristée. Une paumée de seize ans, même pas. Elle ne savait rien. Sa mère a tout
manigancé et l’a forcée à obéir, « va bosser et ramène le pognon ! » J’ai pitié. Franchement, je ne sais pas ce qui est pire pour elle, rester ici ou rentrer chez elle.
— Ça existe vraiment, des choses pareilles ? interrogea Louison, choquée.
Puis elle se dit que son père, s’il n’avait pas plus détesté les frisés qu’il n’aimait l’argent, aurait sans doute envoyé Denise
turbiner en Allemagne sans lui demander son avis.
— Oh que oui ! dit Adèle. Assez parlé, c’est l’heure de dormir. Les journées sont longues, ici. On pourra bavarder plus
tard. Il ne reste plus qu’une minute…
Elle n’eut pas le temps de finir sa phrase qu’à cet instant précis, une matrone déboula dans la chambrée, sanglée dans un
uniforme trop juste pour son opulente poitrine, une matraque à la main. Frau Vogel, la responsable du baraquement. Comme par miracle, les filles s’évaporèrent et foncèrent telles des sauterelles vers leur paillasse, la tête la première. Louison restait les bras ballants, seule face à l’Allemande, sans savoir ce qui allait lui tomber dessus.
— Sei still ! Stille ! rugit la matrone, visiblement plus à l’aisedans la langue de Goethe que dans celle de Molière. Silence ! Toi, la nouvelle, encore debout ? Achtung ! Demain matin, tu seras prête avec les autres. Sinon… Strafe ! Compris ? Heil Hitler !
Louison s’empressa d’obéir et enfila une camisole. Elle pendit rapidement ses quelques frusques dans l’armoire qu’Adèle lui avait désignée, s’empara de la photo de son fils et grimpa dans son lit. Satisfaite, Frau Vogel quitta la pièce en claquant des talons, lança un dernier regard soupçonneux dans le baraquement. Louison accrocha alors son Jeannot tout sourire sur la poutre au dessus de sa couche, puis se cacha dans sa couverture. Elle eut envie de pleurer. Cette masure était loin du gîte coquet et accueillant qu’on lui avait fait miroiter à la signature du contrat. Elle manquait de fenêtres, de lumière, sentait mauvais, des bestioles couraient un peu partout. Louison n’osait même pas penser à celles invisibles à l’œil nu.
Elle avait l’impression d’avoir été enrôlée à l’armée, plongée dans un campement dégoûtant, sous haute surveillance, dans
une chambrée de ploucs. Jeannot lui souriait malgré la pénombre. À Joinville, Madeleine lui avait sûrement fredonné une comptine et il dormait, paisible, à poings fermés dans ses draps bien propres. Quelques larmes vinrent lui mouiller les joues. Elle allait manquer des mois entiers de son enfance, rater ses rires, ses
jeux, ses regards tendres. Elle ravala ses sanglots, pensa à Émile. L’attendait-il encore ? Aurait-elle quitté son foyer pour courir derrière une chimère ? Une silhouette surgit à travers ses paupières closes. Ce n’était pas Émile… Raymond. Il la fixait avec intensité. Ses lèvres bougeaient, elles murmuraient des mots qu’elle ne parvenait pas à entendre.
Une angoisse soudaine la saisit. Elle suffoquait, tel un animal pris au piège, les murs semblaient se refermer sur elle, prêts à l’écraser. Ce sera bien fait. Elle ne méritait pas mieux. Une voix aiguë, stridente, hurlait dans sa tête : « Tu n’es qu’une…»
— Une quoi ?…
Louison se réveilla en sursaut, le corps en sueur, les cheveux plaqués contre le front. Elle tremblait, persuadée d’avoir crié… Autour d’elle, rien. Les filles dormaient. Une odeur d’urine flottait dans l’air. Certaines couvertures se soulevaient d’un mouvement répétitif. Des craquements, des soupirs, des ronflements remplissaient la baraque.
Dès l’aube, ces jeunes femmes allaient se presser afin de contribuer au plus vite à l’effort de guerre allemand. De faire tourner les rouages des machines et de fabriquer des armes. Cesmêmes armes qui pourraient, un jour… Louison frissonna…

A commander dans toute bonne librairie, chez l’éditeur Le Lion Z’Ailé ou même chez l’auteure.

La jeune Louison m’accompagnera au Salon du livre du Bois du Cazier ,ensuite au Salon du Livre de Wallonie , au Festival des Mots en bout de Plumes de Jodoigne, au Salon d’Estaimpuis, à Dour se livre, au Salon du Livre de Colmar, etc.

En savoir plus sur les différentes rencontres littéraires:  https://febronietsassis.com/romans

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