𝐈𝐥 𝐲 𝐚 𝐝𝐢𝐱-𝐬𝐞𝐩𝐭 𝐚𝐧𝐬, 𝐦𝐨𝐧 𝟏𝟏 𝐬𝐞𝐩𝐭𝐞𝐦𝐛𝐫𝐞… Par Belinda Ibrahim

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𝐈𝐥 𝐲 𝐚 𝐝𝐢𝐱-𝐬𝐞𝐩𝐭 𝐚𝐧𝐬, 𝐦𝐨𝐧 𝟏𝟏 𝐬𝐞𝐩𝐭𝐞𝐦𝐛𝐫𝐞…
Dix-sept ans que tu t’es éloigné, et pourtant tu demeures, insaisissable et omniprésent, dans les petites comme dans les grandes choses. Dix-sept années envolées à la vitesse des éclairs, emportées par cette fuite incessante du temps qui nous glisse entre les doigts sans que nous puissions le retenir.
Mais que voudrais-je conserver de ce long voyage sans toi, dans le jardin secret de mes souvenirs ? Pas les premières années, ce dédale douloureux où chaque pas était un supplice, où je rendais l’univers entier responsable de ton absence. Chaque instant était alors un combat, une rébellion contre l’inacceptable et l’irréversible.
Ces dix-sept années ont été parsemées d’innombrables péripéties, au point que je peine parfois à savoir par où commencer pour dérouler devant toi le fil de mon existence. Est-il vraiment nécessaire de te les raconter ? Toi qui, en filigrane de ma vie, demeures le gardien silencieux de mes secrets et le confident de mes espoirs les plus fous ?
Cette dernière année, pourtant, a été extrêmement difficile pour moi. Elle l’est encore. Entre l’errance médicale et des actes aux conséquences extrêmement douloureuses, qui m’ont plombée et continuent de me plomber, j’ai eu le sentiment de devoir avancer seule. Il est terrible de perdre confiance dans le corps médical…
Tu sais?  Le monde a changé, Papouti. Tu aurais adoré l’intelligence artificielle, toi qui étais toujours à la pointe de toutes les formes de progrès. Mais je sais aussi que tu aurais eu tes réserves, toi dont la probité et l’éthique étaient des valeurs premières.
J’aurais tellement voulu que tu me conseilles dans plusieurs décisions importantes. Certaines ont déjà été prises, d’autres sont encore en cours. Toi qui incarnes la bravoure, le courage et l’absence de toute lâcheté, tu m’aurais aidée à discerner ce que je peine à trouver chez certaines personnes pourtant censées être proches de mon cœur.
Tu as toujours été direct et courageux. Jamais de faux-semblants. Est-ce trop demander à la vie que de souhaiter rencontrer des personnes – tout comme toi – de peu de mots, mais de tellement d’actes? 
Combien de fois mes yeux se sont-ils levés vers le firmament, lançant dans l’éther des demandes étranges, saugrenues peut-être, que tu exauçais ? Autant de signes que notre connexion transcende le temps et l’espace.
Je te suis infiniment reconnaissante, papa, pour ces petits miracles et ces douces grâces qui se matérialisent sous ton égide, pour ces signes d’apaisement que tu m’envoies et qui allègent mes inquiétudes et mes peurs de petite fille.
Je revois ton sourire, un tableau de tendresse, de sérénité et de bonté.
La leçon de ces dix-sept années est peut-être celle-ci (que je répète à l’envi! ) : nous ne sommes jamais assez grands pour perdre nos parents.
En cet anniversaire silencieux, je t’offre des fragments de mon vécu et de mes rêves encore en gestation, quelques réalisations qui, je l’espère, feront briller ton regard dans le firmament étoilé où tu résides désormais.
Je te demande de protéger mes aimés, papa, ceux qui donnent à ma vie sa véritable essence et son véritable sens.
Je t’aime, Papouti, avec une force qui défie le temps.
Ton départ un 12 septembre est mon 11 septembre à moi.
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