Les inondations en Afrique : le véritable problème n’est pas la pluie

81f877fe50c228c3c5f51cad57550842

Chaque année, les mêmes images reviennent.

Des quartiers sous l’eau. Des maisons détruites. Des familles qui perdent tout. Des personnes qui meurent. Puis les réseaux sociaux se remplissent de vidéos, de photos et de messages de compassion.

Pendant quelques jours, tout le monde s’indigne.

Puis chacun reprend sa vie.

Jusqu’à la prochaine saison des pluies.

On accuse souvent la pluie d’être responsable.

Pourtant, la pluie n’est pas le véritable problème.

Elle ne fait que révéler ce que nous avons refusé de corriger pendant des années.

Une inondation ne commence pas le jour où il pleut.

Elle commence lorsque les caniveaux sont abandonnés.

Elle commence lorsque les déchets sont jetés dans les rues.

Elle commence lorsque des constructions sont autorisées dans des zones inondables.

Elle commence lorsque les villes grandissent sans véritable plan d’urbanisme.

Elle commence lorsque les investissements dans les infrastructures sont constamment repoussés.

Les catastrophes naturelles deviennent alors des catastrophes humaines.

Nous avons pris l’habitude de réagir au lieu d’anticiper.

Après chaque drame, les responsables visitent les quartiers sinistrés, annoncent des mesures d’urgence et promettent que cela ne se reproduira plus.

Mais quelques mois plus tard, les mêmes causes produisent les mêmes conséquences.

Notre responsabilité est collective.

Les autorités doivent planifier, investir et faire respecter les règles d’urbanisme.

Les citoyens doivent également adopter des comportements responsables, notamment en cessant d’utiliser les caniveaux comme des poubelles et en protégeant les espaces prévus pour l’évacuation des eaux.

Le développement ne consiste pas uniquement à construire des immeubles ou des ponts.

Il consiste aussi à prévoir les risques avant qu’ils ne deviennent des tragédies.

Une nation progresse lorsqu’elle apprend à prévenir plutôt qu’à réparer.

C’est précisément cette culture de l’anticipation, de la responsabilité et de la bonne gouvernance que je défends dans mon ouvrage « Espérance Nouvelle – Une jeunesse africaine en quête de changement ».

À travers ce livre, j’invite chacun à réfléchir aux causes profondes de nos difficultés plutôt qu’à leurs seules conséquences.

Le développement durable ne naît pas des discours prononcés après les catastrophes.

Il naît des décisions courageuses prises bien avant qu’elles ne surviennent.

Le véritable changement commencera le jour où nous cesserons de considérer les inondations comme une fatalité et où nous les traiterons enfin comme le résultat de choix que nous avons le pouvoir de transformer.

Retour en haut