LE PONT À PÉAGE LE PLUS RENTABLE D’AFRIQUE

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En regardant cette image, j’ai d’abord souri.
Puis j’ai réfléchi.

Et je me suis dit : voilà un résumé parfait de certains de nos pays.

L’État n’a pas construit de pont.

Alors les habitants ont posé une simple planche de bois pour traverser.

Et très vite, quelqu’un s’est installé à l’entrée.

Le voilà, assis tranquillement sur sa chaise en plastique.

Il ne travaille ni pour le ministère des Transports, ni pour la mairie, ni pour une entreprise de BTP.

Pourtant, c’est lui qui gère le passage.

Bienvenue au pont à péage du quartier.

Tu veux traverser sans te mouiller ? Tu paies.

Le plus drôle, c’est que ce système fonctionne mieux que certains services publics.

Pas de ticket. Pas de reçu. Pas de TVA.

Mais tout le monde connaît le tarif.

Pour moi, cette photo raconte quelque chose de beaucoup plus profond.

Quand l’État est absent, quelqu’un finit toujours par prendre sa place.

Ce n’est pas seulement un pont qui manque.

C’est une route.

C’est une administration.

C’est une vision.

C’est une présence.

Et pendant que certains parlent de villes intelligentes, d’intelligence artificielle ou de conquête spatiale, d’autres continuent à traverser une rivière sur une planche de bois en espérant ne pas tomber.

Le plus inquiétant, c’est que nous finissons par trouver cela normal.

Nous transformons l’exception en habitude.

Nous appelons cela le système D.

Nous applaudissons même cette débrouillardise.

Oui, il faut saluer l’ingéniosité des populations qui trouvent des solutions pour survivre.

Mais une nation ne peut pas construire son avenir uniquement sur la débrouille.

Le système D ne doit jamais devenir le projet de société.

Le véritable développement commence le jour où un citoyen n’a plus besoin d’inventer lui-même les infrastructures que ses impôts devraient déjà financer.

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