Il existe des femmes qui traversent une vie par Kamel Bencheikh

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Il existe des femmes qui traversent une vie.
Et puis il existe celles qui traversent plusieurs générations, laissant derrière elles une lumière que le temps lui-même ne parvient pas à éteindre.

Aujourd’hui, mes pensées vont vers trois visages de l’amour.
D’abord vers ma mère.
Elle est partie là où les regards ne portent plus, mais sa présence demeure dans chaque geste que j’accomplis, dans chaque souvenir qui me visite au détour d’une odeur, d’une chanson, d’un silence.
Une mère ne disparaît jamais vraiment. Elle se transforme en racines. Invisibles, profondes, fidèles. Elle continue de nourrir l’arbre longtemps après avoir quitté le jardin.
À ma mère, qui repose désormais dans le parc de l’éternité, je veux dire merci.
Merci pour les nuits offertes sans compter.
Merci pour les inquiétudes cachées derrière les sourires.
Merci pour cet amour immense qui n’attendait rien en retour.

Mes pensées vont aussi vers la mère de mes enfants.
La vie nous a fait emprunter des chemins différents, mais elle nous a offert un cadeau plus rare encore : celui de devenir les meilleurs amis du monde.
Il faut beaucoup de grandeur pour traverser les années sans laisser les blessures prendre toute la place. Il faut beaucoup de cœur pour continuer à se respecter, à se comprendre, à se soutenir.
Tu m’as donné ce qu’un homme peut recevoir de plus précieux : nos enfants.
Je te regarde aujourd’hui avec gratitude.
Parce que tu as été une mère admirable.
Parce que tu es devenue une amie précieuse.
Parce que certains liens, lorsqu’ils sont bâtis sur la sincérité, finissent par dépasser les définitions ordinaires.

Et puis il y a nos filles. Mes petites filles d’hier.
Celles dont je tenais les mains pour traverser la rue. Celles qui venaient chercher refuge dans mes bras lorsque le monde leur paraissait trop grand.
Aujourd’hui, les voilà mères à leur tour. Je les regarde avec cette émotion particulière que connaissent les parents lorsque le cercle de la vie poursuit sa ronde.

Une mère qui me manque.
Une mère que j’estime profondément.
Deux mères dont je suis infiniment fier.

Et je lève mon cœur vers elles comme on lève les yeux vers un ciel étoilé.
Car certaines femmes ne se contentent pas de donner la vie.
Elles lui donnent son sens.

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