D’une rive à l’autre, poésie transcontinentale de New York à Abomey

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Les cendres parlent encore

Les cendres parlent encore.
Rien ne s’éteint, tout se transmet,
depuis les racines du sycomore.
Qu’importe la branche qui nous porte,
d’un seul tronc, nous germons.
Des sols riches et fertiles,
des forêts humides à la vallée du Nil.

Diaspora,
née sur le continent,
que les ambitions du monde
ont fait voyager comme le vent,
tu portes mille voix.

Diaspora,
née en Occident,
que le déracinement
et la multiculture fissurent,
tu portes mille voix.

Diaspora,
celle qui autrefois traversa
l’Atlantique vers les Amériques,
sans connaître sa mère,
tu portes mille voix.

Les cendres parlent encore.
Rien ne s’éteint, tout se transmet,
depuis les racines du sycomore.

Continent,
toi qui aimes ta terre,
la nourris et jamais,
pour quelques lueurs,
ne la quitteras,
tu as mille voix.

Continent,
toi qui rêves d’ailleurs,
prêt à t’offrir à l’océan
avec l’espoir de prospérer plus loin,
tu as mille voix.

Continent,
toi qui es allé
t’éduquer, te former, et es revenu
pour contribuer à l’expansion,
tu as mille voix.

Continent – Diaspora,
nos voix et nos histoires sont multiples,
telles les branches de l’arbre-mémoire :
survie, transmission, régénération culturelle.
Dialoguer, c’est perpétuer la vie du sycomore.

Continent – Diaspora,
sachez que rien ne s’éteint,
tout se transmet,
depuis les racines du sycomore.
Faites que nos mille voix,
de génération en génération,
à travers les humanités,
résonnent encore.

Poème extrait de « D’une rive à l’autre », recueil de poésie transcontinentale de New York à Abomey, par Diane Degry et Angélo Orékan

 

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