Ce que Saint-Malo m’a appris sur la mémoire des peuples

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Il y a des voyages qui nous reposent. D’autres nous font réfléchir.

Lorsque je me suis promené dans les rues de Saint-Malo, en Bretagne, je n’ai pas seulement découvert une magnifique cité fortifiée. J’ai découvert une ville qui a fait le choix de protéger son histoire.

Ses remparts sont entretenus avec soin.

Ses bâtiments anciens sont préservés.

Ses rues invitent à la promenade.

À chaque coin de rue, on sent que le passé n’a pas été oublié.

Il est devenu une richesse.

En observant les nombreux visiteurs venus des quatre coins du monde, je me suis posé une question très simple : pourquoi certains pays parviennent-ils à faire de leur patrimoine un véritable moteur de développement, tandis que d’autres peinent encore à le valoriser ?

Cette réflexion m’a naturellement ramené vers l’Afrique.

Notre continent possède des paysages exceptionnels, des sites naturels uniques, des royaumes anciens, des traditions, des langues et des cultures qui n’ont rien à envier au reste du monde.

Pourtant, une partie de ce patrimoine est encore insuffisamment protégée ou mise en valeur.

Des monuments disparaissent peu à peu, certains lieux historiques sont oubliés et des trésors culturels restent méconnus.

Je suis convaincu que le développement ne repose pas uniquement sur les infrastructures ou l’économie.

Il passe aussi par la capacité d’un peuple à préserver ce qui raconte son histoire.

C’est précisément là que la littérature prend tout son sens.

Les écrivains ne construisent pas des remparts de pierre.

Ils construisent des remparts de mémoire.

Chaque livre conserve des idées, des témoignages, des cultures et des rêves qui pourraient autrement disparaître avec le temps.

Écrire, c’est refuser l’oubli.

C’est transmettre aux générations futures ce que nous avons vu, compris et vécu.

C’est inviter le lecteur à regarder son pays autrement, à poser des questions et parfois même à imaginer un avenir différent.

Lorsque j’écris, je ne cherche pas seulement à raconter une histoire.

J’essaie d’apporter une réflexion, d’ouvrir un dialogue et de rappeler que chaque peuple possède des richesses qui dépassent largement les ressources naturelles.

Notre histoire, notre culture et notre identité sont elles aussi des trésors.

Cette conviction m’a accompagné dans l’écriture de *Espérance Nouvelle – Une jeunesse africaine en quête de changement*.

À travers cet ouvrage, j’invite la jeunesse africaine à croire en son potentiel, à protéger son héritage et à participer à la construction d’un avenir fondé sur la connaissance, la responsabilité et l’espérance.

En quittant Saint-Malo, je n’avais pas seulement visité une ville.

J’avais compris qu’un peuple qui protège sa mémoire prépare aussi son avenir.

Et peut-être est-ce là, au fond, l’une des plus belles missions de la littérature.

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