Angus le Cactus

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Angus, le Cactus

Fascinés par le monde anglo-saxon, ses parents, s’il était né fille, l’auraient appelée Kimberley. Mais lorsque son petit visage verdâtre est apparu, alors que des hurlements sonores envahissaient la chambre, sa mère décida de le baptiser Angus, en hommage au célèbre guitariste d’AC DC, l’écossais Angus Young, qu’elle idolâtrait secrètement.

Des années après, malgré ses rondeurs, son teint olivâtre et ses nombreux piquants, Angus s’impose sans complexe dans le monde de l’entreprise. Unique spécimen de cactus égaré dans la jungle touffue du bureau, il n’a besoin ni d’eau ni d’attention pour prospérer. Son look original : blazer oversize bleu marine, short assorti, cravate club et chaussettes blanches à mi-mollets, le distingue assurément de ses collègues. Il accessoirise cet uniforme en hiver avec une casquette de laine épaisse. Cette cactacée pourrait presque paraitre sympa, mais ne vous trompez pas ! Angus dans votre équipe, et c’est « Highway to hell ! »

Que fait un Angus ?

Il s’agite sans cesse, et surtout, il pique, tel un cactus égaré parmi les lianes et les feuillages. Hyperactif patenté, il ouvre dix dossiers à la fois, dévore les reportings, multiplie les réunions. Il veut être le premier, et ne ménage pas sa peine. Vous lui proposez de l’aide ? Il vous menace de ses piquants. Au bureau dès l’aurore, il adore sentir les premiers rayons de soleil sur ses épines. Il rentre chez lui bien plus tard que ses collègues, avec le sentiment du devoir accompli. Très fier de sa capacité de travail, économe en compliment, il émaille son langage de petites piques bien senties : « Le réveil était en panne ce matin ? », ou encore « Cela fait trois heures que vous devez me pondre cette note ! Vous ne savez ni lire ni écrire ? ». Rien d’agréable donc dans la fréquentation d’Angus, qu’il soit votre collègue ou votre boss.

Comment survivre à un Angus ?

Jouez sur ses deux points faibles.

Un, son hyperactivité cache une angoisse maladive, une peur panique de mal faire. La quantité phénoménale de dossiers qu’il traite l’aide à être apaisé. Laissez-le se démener. C’est bon pour la boîte, et si vous êtes l’un de ses collègues, c’est bon pour vous aussi. Vous pouvez lui refiler quelques poulets en larmoyant : « je ne m’en sors pas, là ». D’accord, vous aurez droit à une critique acerbe…mais il fera le job !

Deux, Angus a du cran, et un certain panache. D’aucun serait complexé par un physique peu avantageux, pas lui. Sa mise originale démontre un besoin certain de se distinguer. Vous êtes son boss ? Mettez-le en scène ! Ce véritable showman n’aura pas son pareil pour monter des évènements, animer des tables rondes, orchestrer un lancement de produit. Vous êtes son collègue ? Suppliez-le de prendre votre place dans toutes les occasions où il pourra avoir de l’audience. Ce qu’il lui faut, c’est un public ! Dans cette jungle où les lianes des process étouffent les esprits faibles, Angus reste l’unique cactus : sec, piquant, mais curieusement indispensable pour garder l’écosystème en mouvement. Satisfait, il pourra alors dire comme Angus (Young) : « Je suis juste un cactus qui fait du bruit. »

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