Vous parler d’amour…
Au creux de mes lèvres qui ont effleuré ton cou endormi ce matin, mon homme ;
Dans l’attente de ton appel du bout du monde, mon grand ;
A travers les lignes de ton message laconique toujours signé d’un cœur rouge, mon loulou ;
Au bout de mes doigts lorsqu’ils cherchent leurs mots pour écrire ;
En prenant des nouvelles de ton cœur, maman ;
En t’observant boire du lait au goulot de la bouteille, mon fils, ton visage maladroitement dissimulé derrière la porte ouverte du frigo ;
Lorsque j’aperçois la première jonquille percer l’hiver ;
Quand je pleure devant Bridgerton…
L’amour habite le monde, telle une brume insaisissable qui louvoie pour nous ramener à ce qui ne meurt jamais.
Il unit, enchante, réconcilie.
Nous rappelle à l’ordre du vivant lorsque, égarés, nous nous sentons pétris d’une insolente et unique vérité : la nôtre. Là précisément où règne la sauvagerie, cette noirceur aveuglante qui polarise nos mots et nos actes, classe en gauche et droite, en bon et mauvais. Celle-là même qui nous pousse à la critique acerbe et aux paroles tranchantes, lorsque, protégés par le parebrise de la voiture ou le clavier de l’écran, nous oublions de le regarder en face : l’amour.

