Auteure d’une douzaine de livres dont quatre essais et cinq romans, Paul-Rostande Stinfil a un parcours riche et mouvementé. Tour à tour, théoricienne, essayiste et Artiste, elle grandit en s’empreignant des différentes branches de la vie littéraire.
D’abord Animatrice, actrice et professeure de théâtre, féministe activiste de 2005 à 2009, communicatrice et professeure à l’universitaire ; Paule s’accroche à l’art et le traite comme une science : avec méthode et objectivité. Ce mélange crée dans son œuvre une clairvoyance presque médiatique où tout semble relever d’un art téléporté par la technique. Et inversement, il vous serait difficile d’entreprendre la lecture de ces essais autour de sujet aussi lourd que le genre et l’espace-temps sans cette urgence artistique faisant de chaque œuvre un acte relationnel.
Née en 1985, année d’une grande turbulence artistique en Amérique, où elle est née, sa vie est marquée par la spontanéité de la nature, l’improbabilité des faits historiques et l’engagement des femmes dans le retour à l’ordre. Cette réparation constante des catastrophes et des mouvements la pousse vers une pensée des processus. Plus qu’une critique, elle théorise les genèses. Aussi en 2014, elle pose la question des processus de rédaction de la fiction en se servant des mécanismes numériques comme possibles réalités parallèles aux fonctionnements du cerveau écrivant. Les mêmes préoccupations tournent dans l’univers littéraire de Paule, la matrice, le cerveau et récemment le système solaire notamment la terre, où son côté environnementaliste pose la terre comme un pion de correspondance intergalactique. Même si l’humain reste sa principale préoccupation, ses œuvres sont soumises à une immersion géopolitique qu’il est possible de lire dans son livre le plus marquant : « De l’Esprit des lieux ».
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Dès le début de ses créations, elle pose une THEORIE DES RATURES, sorte d’effacement faisant briller l’implicite à travers sa POETIQUE DU DELIRE présentée sous forme de réflexions analogiques. Cette théorie couvre ses réflexions autant que la schématisation de ses structures syntaxiques. Un effacement qui lui permet d’analyser les structures littéraires que peuvent endosser les hallucinations, l’oubli et l’hésitation qui constituent à son avis des mécanismes de délire normalement utilisés par le fou. Souvent elle juxtapose plusieurs phrases qui semblent s’effacées et dont les couches postulent leurs ratures. Elle joue sur les normes et traite de standardisation dans le renouveau et les conventions. Son implication post-humaniste, sorte de prolongement du romantisme, la pousse vers le virtuel et les post humanités telles que les machines, les réalités d’après-guerre et la post-colonialité (sorte de catastrophe récente permettant de suivre les processus de création d’une écriture féminine impliquant non plus le seul fils descendant d’esclave, mais désormais la fille avec les mémoires les plus spécifiques des rencontres entres case, cale, mers, massacres, traitre, sexe et survivance).

