Livres d’occasion : le débat.

Bien évidemment, il n’y a pas discussion sur le fait qu’un livre vendu une seconde fois (voir plus) ne bénéficie pas à son auteur comme à sa maison d’édition.

La vraie question est de savoir si un livre d’occasion vendu est un livre neuf invendu.

Je ne le crois pas et pour plusieurs raisons.

1 – pour les passionnés de livres comme moi (très attachée en plus à l’objet livre) :

Je suis chez mon libraire chaque semaine pour acheter les sorties qui m’intéressent ou commander un livre plus ancien d’un auteur dont j’aime l’écriture ou qui traite d’une thématique qui m’intéresse.

Je vais au marché aux livres de Nice les samedi matin pour fouiner et tomber sur des livres dont j’ignore l’existence, des éditions anciennes, des auteurs qui ne m’interpellent pas plus que cela mais que j’aimerais cependant découvrir. Aucun livre acheté d’occasion ne réduit les achats de livres en librairie. Ce n’est pas la même démarche.

2- pour ceux pour qui un livre coûte trop cher. Et oui, un livre coûte cher. Et ni l’auteur ni l’éditeur, ni le librairie ne s’enrichit. Il faut partager cette somme entre chacun dont les diffuseurs. Mais c’est un fait. Pour un lecteur assidu, un budget livres neufs représente souvent plus de 200 euros par mois. Une somme pour beaucoup… le livre d’occasion permet l’acquisition pour tous.

3 – non au livre d’occasion cher ! Je vois passer des livres d’occasion qui – avec les frais de port – coûtent quelques euros de moins seulement que leur version neuve. C’est pour le coup une vraie concurrence déloyale et c’est pour le lecteur une bien mauvaise affaire.

Le livre d’occasion doit être accessible pour quelques euros. C’est sa logique démocratique.

4- il faut voir le livre d’occasion comme un livre de bibliothèque. Qui vit. Se passe de main en main. Et se dire que tous ces livres auraient fini à la poubelle (vision impossible pour moi) s’ils n’avaient trouvé une nouvelle vie. Une nouvelle bibliothèque.

Si les boîtes à livres fleurissent partout c’est aussi qu’elles répondent à une envie, un besoin et une réalité.

Que préfère-t-on ? Inciter à la mort d’un livre ou à une seconde vie ? Je suis auteure et je n’aimerais pas voir mes livres partir en fumée.

Qu’un livre de bibliothèque passe de main en main pendant des années ne nous gêne pas. Pourquoi cela nous gênerait il pour le livre d’occasion ?

Alors oui, je comprends la colère de la profession quand des géants en font commerce sans déontologie. Et c’est peut être cela qu’il faut encadrer. Un prix maximum par livre d’occasion (au marché j’achète les brochés entre 2 et 5 euros), un délai de mise en vente après la sortie d’un livre, une tva sur les ventes de ces sites géants…

Mais de grâce, laissons vivre les livres. Ne réduisons pas leur nombre auprès de lecteurs avides d’en dévorer toujours plus.

À nous, lecteurs, de choisir le petit bouquiniste du coin et pas le mastodonte en ligne.

Et vous ? Quel est votre avis ?

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