Le carburant secret de certains bureaux en Afrique

36Non à la corruption en Afrique7efff8-f3d2-4d49-9994-66d956fbad49

Dans plusieurs pays d’Afrique, il existe une réalité dont on parle souvent à voix basse, comme si elle faisait partie du paysage.

Tu veux faire établir un document administratif ? On te demande de patienter.

Tu attends.

Puis une autre personne arrive après toi, échange quelques mots, glisse discrètement un billet… et repart avec son document avant toi.

À ce moment-là, tu comprends que ton dossier n’était pas vraiment bloqué.

C’est simplement ton portefeuille qui ne parlait pas.

Cette scène, beaucoup l’ont déjà vécue ou entendue raconter.

Tu souhaites obtenir un titre foncier ? Il arrive que certains laissent entendre qu’un “petit geste” permettra à ton dossier d’avancer plus rapidement.

Tu veux créer une entreprise ? Là encore, certains font comprendre que tout peut aller plus vite si tu “encourages” le processus.

Tu te rends à la mairie, à la préfecture ou dans une administration pour récupérer un document ? On te demande parfois de revenir plusieurs fois, jusqu’à ce que tu comprennes le message.

Tu es commerçant ? Certains agents réclament de l’argent pour te laisser travailler sereinement.

Tu es chauffeur ? Lors de certains contrôles, le problème n’est pas toujours l’absence de papiers. C’est parfois le billet que l’on espère voir apparaître.

Tu construis une maison ? Il arrive que certains réclament de l’argent avant de signer un permis ou de valider une autorisation.

Même dans certains établissements de santé, des patients racontent qu’il faut parfois payer “à côté” pour être pris en charge plus rapidement.

Le plus inquiétant n’est peut-être même pas la corruption.

Le plus inquiétant, c’est l’habitude.

On entend souvent :

« C’est comme ça chez nous. »

« Ça a toujours existé. »

« Tu ne peux rien y changer. »

Mais depuis quand une mauvaise habitude devient-elle une règle ?

Accepter l’inacceptable ne le rend pas acceptable.

Aucun pays ne peut véritablement se développer si l’argent devient plus important que le droit, si la justice dépend du portefeuille et si la réussite passe davantage par les relations que par les règles.

Le changement ne dépend pas uniquement des lois ou des gouvernements.

Il dépend aussi de chacun de nous.

Le jour où nous refuserons collectivement de considérer ces pratiques comme normales, nous aurons déjà commencé à construire une autre Afrique.

C’est précisément cette Afrique que j’imagine dans mon livre Espérance Nouvelle – Une jeunesse africaine en quête de changement.

Parce que les grandes transformations commencent toujours par une idée, une prise de conscience… puis par le courage de dire : « Cela ne devrait plus être normal. »

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