Comme avant – Une histoire pour les enfants sur le thème de l’inondation

comme_avant_p1

Je partage ici un album que j’ai écrit et illustré sur le thème des inondations. Texte intégral.

Copyright – Emma Baron 

 

Comme avant

 

Au commencement,

Une rivière calme et tranquille ondule au milieu d’un vieux village.

Dans ce vieux village, le facteur fait sa tournée du matin.

Le voilà qui s’arrête devant une petite maison blanche aux volets bleus.

Juliette, la petite fille qui vit ici, court lui dire bonjour.

Par la fenêtre, sa maman l’appelle en chantant.

Les lettres dans ses mains, Juliette entre dans la maison.

Elle pose le courrier sur la grosse commode de l’entrée.

Puis, elle va dans le salon pour sa leçon de piano.

Sa maman est pianiste.
Assise à côté d’elle, Juliette joue un air de Chopin.

Les notes dansent dans le salon.
Elles s’envolent par la fenêtre grande ouverte.

La voisine, une très vieille dame, est assise sur un banc.

En souriant, elle écoute la mélodie en profitant du parfum des roses trémières.

Dans l’allée, son chat se roule dans la poussière.

Puis, il s’allonge au soleil et tend l’oreille en fermant les yeux.

 

Et puis vient la pluie…

Le lendemain, il se met à pleuvoir très fort
sur le vieux village.

Le tonnerre gronde. La pluie tombe.
Encore et encore.

Elle réveille la rivière qui sort de son lit.

Aujourd’hui, il n’y a personne dans les rues.

Même le facteur est resté chez lui.

Chez Juliette, la fenêtre est fermée.

Assises au piano, elle et sa maman regardent les gouttes de pluie taper sur la vitre.

La voisine est chez elle, elle aussi.
Son chat est couché, pattes en rond, sur ses genoux.

Soudain, dans les maisons du village,
l’eau entre en passant sous les portes.

Beaucoup d’eau.
Beaucoup trop d’eau.

Juliette et sa maman sortent dehors.

La petite grand-mère aussi.

Elle tient son chat dans ses bras.

Inquiet, il regarde l’eau monter.

Dans les rues, toutes les maisons sont dans l’eau.

Les arbres, les voitures, tout est inondé.

Le paysage n’est plus le même.
Plus rien n’est comme la veille.

Bientôt, des pompiers naviguent en canoë.
L’un d’eux aperçoit Juliette et sa maman, la voisine et son chat.
Vite, il s’approche.
Vite, il les aide à monter dans la barque.

Juliette se blottit contre sa maman.
Le chat se blottit contre la vieille dame.
Et le canoë repart.

Au loin, sur une colline, la salle des fêtes apparaît.

Aujourd’hui, il n’y a pas de mariage.
Aujourd’hui, il n’y a pas d’anniversaire.

Les pompiers dirigent les canoës vers la berge.

Tout le monde entre dans la salle des fêtes.

Des personnes distribuent de l’eau et des couvertures.
Des personnes déplient des matelas sur le sol.

Juliette apprend ce jour-là que c’est ça, la solidarité.
Des gens qui pensent aux autres.
Des gens qui aident les autres.
Des gens qui donnent.
Du temps.
Et aussi un peu d’eux-même.

Juliette et sa maman s’installent dans un endroit libre.
Elles s’assoient sur un matelas.

La petite grand-mère est assise à côté d’elles.
Elle caresse son chat qui ronronne.

Et tout recommence…

Le lendemain, Juliette se réveille.
Elle n’est pas chez elle.
Elle se souvient de l’eau dans sa maison.

Dehors, le soleil est revenu.

Les oiseaux se baignent dans les flaques d’eau.
L’eau commence à baisser.

Quelques semaines passent.

Le temps s’écoule plus lentement quand on est loin de chez soi.

La rivière est retournée dormir.

Les habitants rentrent chez eux.

Juliette et sa maman aussi.
Dans la petite maison blanche, tout est dévasté.

Juliette doit jeter son livre préféré. Il a été abîmé par l’eau.

Ce n’est pas grave. Un livre, on peut en acheter un autre.

L’essentiel c’est d’avoir quelqu’un qui vous aime.

Dans la petite maison, on retrousse ses manches.
On sort les meubles.
On lave tout.

Dans la joie et la bonne humeur.

Et puis, quand la maison est propre, on repeint les murs.

La commode revient à sa place.
Et le piano aussi.

Sur sa bicyclette, le facteur s’arrête mettre le courrier dans la boîte aux lettres.

Les notes de musique s’envolent par la fenêtre du salon.

La petite grand-mère s’assoit sur le banc.

Elle écoute la mélodie.

Et son chat s’allonge au soleil
pour se rouler dans la poussière.

Comme avant

Retour en haut