Le voyage commence
là où nos certitudes se fissurent,
comme une lumière fine
entre deux pierres trop sûres d’elles.
On marche —
et déjà le monde se dilate :
les paysages nous apprennent
ce que nos murs taisaient.
Chaque horizon déplie en nous
une chambre inconnue,
où l’âme s’assoit enfin
face à plus grand qu’elle.
On part pour voir ailleurs,
mais c’est l’ailleurs qui nous façonne,
qui polit nos silences
et agrandit nos regards.
Et l’on revient, peut-être,
sans avoir bougé tout à fait —
mais avec, dans le cœur,
un espace devenu respirable.
© Kamel Bencheikh

