Merveille par Julien Sandrel

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2016. J’ai 35 ans, j’ai deux enfants de 8 et 4 ans, je suis directeur marketing international pour une grande marque française, je bosse énormément, je voyage beaucoup, tout va bien en apparence dans ma vie… et pourtant, je sens qu’il manque quelque chose.

Depuis un an, j’ai entrepris d’écrire. C’était mon rêve d’enfant, c’est maintenant mon secret d’adulte. Je n’ai pas envie que mes collègues au boulot se moquent de ce « hobby » – que je pratique quand j’en ai le temps : le week-end, pendant mes vacances… Je les entends déjà, à la machine à café : mais pour qui il se prend ? C’est mignon, cette activité créative… mais est-ce que finalement, tout ça ne le détourne pas de son focus qui devrait être à 2000% sur son travail ?

Donc j’écris en secret. Sans penser qu’un jour je pourrais en vivre, non. Juste parce qu’écrire est devenu important. Central. J’ai l’impression que je n’arriverais pas à vivre si je n’écrivais pas, alors la nécessité presque physique l’emporte sur la raison.

Lors de déplacements professionnels, je me rends régulièrement au Japon. Je tombe amoureux de Tokyo, je me dis que j’aimerais en faire le décor d’une histoire, mais laquelle ? Et puis, un samedi matin… j’emmène mes enfants à la piscine, ils sont tous les deux en trottinette sur un trottoir parisien, je me dis qu’ils vont bien trop vite… heureusement il ne se passe rien, mais une vision fugace me traverse l’esprit : et s’il leur arrivait un accident, un beau jour comme celui-ci ? Pourrais-je continuer ma vie telle quelle ? Cela aurait-il encore du sens, de consacrer mon quotidien à développer le chiffre d’affaires d’une multinationale ? En rentrant, je griffonne sur un papier quelques mots, une idée : l’histoire d’une femme, directrice marketing d’un grand groupe, qui voit sa vie voler en éclats lorsqu’un accident plonge son fils dans le coma.

Fin 2016, les cent premières pages de La Chambre des merveilles existent. Thelma passera par Tokyo, bien sûr. Et ma vie ne sera plus jamais la même.

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